5 erreurs de débutant

Bonjour !

L’un des objectifs de l’enseignant que je suis est de t’éviter de commettre les mêmes erreurs que moi.

Voici les 5 erreurs les plus graves que j’ai commises, lorsque je me suis mis à l’harmonica et ce que j’en ai appris.

Bienvenue sur le Podcast d’HarmoChopin.

1 - Apprendre seul

Vu que j’étais déjà flûtiste et pianiste, je me suis dit que l’apprentissage de l’harmonica, ça passerait tout seul.

J’avais acheté une méthode livre de poche + cassette audio.

Avec ce que je savais du solfège, je n’ai eu aucun mal à déchiffrer les partitions.

Mais je ne savais pas bien respirer à travers l’instrument, parce que ce n’était pas expliqué dans la méthode.

Et je ne comprenais rien à la technique d’obtention des altérations.

Au lieu de chercher à prendre des cours d’harmonica, je suis resté des années avec des questions sans réponse et des lacunes jamais comblées,

Lorsqu’enfin, je me suis décidé à prendre des cours, j’ai dû désapprendre pendant presque un an ce que j’avais mal appris, avant d’apprendre ce que j’aurais dû apprendre dès le début.

J’ai perdu énormément de temps, d’autant que j’avais acquis des habitudes que j’ai dû perdre, pour prendre les bonnes habitudes.

J’entends souvent dire : “Je vais essayer de me débrouiller seul et, si j’ai besoin d’aide, je saurai à qui m’adresser”. En réalité, c’est le contraire qu’il faut faire : s’adresser à une personne compétente qui saura te mettre sur les rails et, quand tu seras lancé, tu pourras poursuivre en autodidacte.

2- Se disperser

J’apprécie de m’exprimer dans plein de styles de musique. Et si je devais dresser la liste de tous les compositeurs dont j’apprécie le travail, j’y passerais la nuit…

Le défaut que j’ai traîné pendant des années a été de me disperser : un jour, j’avais pour objectif d’être musicien de country, à l’harmonica et au piano ; la semaine suivante, je changeais d’avis pour devenir bluesman, projet que j’abandonnais le mois suivant, pour me mettre définitivement au jazz.

Enfin, définitivement…

Avec moi, à cette époque, une décision définitive durait rarement plus de 6 semaines…

Quelle perte de temps !

Bien sûr que, quoi que l’on fasse, on apprend toujours.

Mais si tu veux te spécialiser dans un style, tu dois en apprendre les codes et acquérir des réflexes.

C’est pourquoi je préconise aujourd’hui de ne pas changer d’avis, tant que tu n’as pas passé au moins 90 jours d’affilée à te concentrer sur le même projet.

3- Travail épisodique

Quelle joie, d’avoir un regain d’énergie et de passer 4 heures sur son instrument, à l’étudier et jouer les morceaux que l’on aime !

Mais quelle perte de temps, si on fait ça une fois par semaine et qu’on ne fait rien les autres jours !

Pour apprendre à jouer d’un instrument, comme dans toutes les activités où l’on doit acquérir des techniques et des réflexes, seule la régularité paye.

Par comparaison, j’ai compris, au fil du temps, qu’il vaut mieux faire 10 minutes de musique par jour pendant 6 jours (disons sur une semaine, dont tu peux sauter un jour), plutôt qu’une heure une seule fois dans la semaine.

Pourtant, 6 fois 10, ça fait bien 60 minutes…

Oui, mais le résultat n’est pas le même, car si tu ne travailles qu’une seule fois dans la semaine, tu vas perdre du temps et de l’énergie à te rappeler ce que tu as fait la semaine passée et à reprendre là où tu t’étais arrêté.

Alors que si tu en fais un peu chaque jour, à moins d’avoir la maladie d’Alzheimer, tu vas forcément te rappeler ce que tu as fait la veille : ce sera encore frais, dans ton esprit.

4- Jouer sur du mauvais matériel

Autrefois, ma réflexion était la suivante : “Je ne vais pas m’acheter du matériel qui va me demander un investissement financier, même minime, car je ne sais pas si je vais poursuivre cette activité ; je vais commencer par du matériel bas de gamme, peu onéreux et si ça me plaît vraiment, j’achèterai du bon matos.”

Quelle erreur ! Ou plutôt, quelles erreurs !

Car, si tu achètes un instrument de musique bas de gamme, mal fabriqué, tu risques de ne pas pouvoir sortir toutes les notes ou alors, très difficilement.

Le son qui va en sortir ne va pas te plaire… Alors, il y a très peu de chance que son apprentissage te plaise vraiment…

Vu que ce que tu vas obtenir avec un tel instrument ne te plaira pas, tu vas très vite te démotiver, ce qui n’est pas le meilleur cadeau que tu puisses te faire.

Surtout, si tu achètes du matériel bas de gamme en te disant que tu ne poursuivras peut-être pas, tu te mets déjà en tête que tu ne vas pas poursuivre ! Tu es en train de d’auto-saboter, en te mettant dans la tête que tu as raison de te punir de ne pas jouer sur du bon matériel, car tu vas abandonner…

Un jour, un ami golfeur m’a avoué qu’il avait déjà acheté le meilleur matériel qui fût à cette époque, avant de suivre le premier cours.

Quand je l’interrogeai sur cette démarche surprenante, il me répondit : "Ainsi, si quelque chose ne fonctionne pas, si je rate une technique plusieurs fois, je ne me dirai pas que ça vient de mon matériel, mais de moi-même. Alors, je saurai que je n’aurai qu’à travailler mes mouvements pour être au top. Alors que, si je m’étais procuré du mauvais matériel, je ne saurais jamais si les problèmes venaient de moi ou du matériel.

Et crois-moi, même si je ne cherche pas à devenir professionnel, avoir du beau matériel entre les mains, ça motive énormément !

5- Ne pas viser l’excellence

L’un des plus graves travers, que j’ai appris à corriger, a été pour moi de me contenter de la médiocrité.

Je me disais : 'Tant pis si je ne sais pas bien jouer ce morceau ; après tout, je ne suis pas un pro !"

Cela me rassurait dans le fait que je pouvais apprendre à jouer un morceau très rapidement, ce qui me permettait de débuter l’apprentissage d’un autre morceau, avec l’enthousiasme renouvelé d’un gamin qui ouvre un nouveau cadeau.

C’était totalement puéril de ma part…

J’ai changé de comportement, le jour où mon oncle, à qui j’avais joué le thème de la Panthère Rose au piano, m’a fait cette remarque : 'Tu parles d’une interprétation ! Je m’attendais à être impressionné, alors qu’en réalité, tu loupes une note sur dix…"

Ce jour-là, j’ai réalisé qu’il était beaucoup plus satisfaisant de travailler mes morceaux à fond, pour super bien les jouer, quitte à en apprendre peu dans l’année, plutôt que plein et de les massacrer…

En faisant cela, je me suis aperçu que plus tu joues un morceau avec méthode, plus tu le joues bien et plus tu le joues bien, plus tu y prends du plaisir…

À très vite et d’ici là, bonne musique !